좋은 하루…..

Aujourd’hui fut une très bonne journée. Une de ces journées ou je me dis que vivre en Corée est un des meilleurs choix que j’ai fais. Et j’en avais besoin. Car en ce moment, je me pose beaucoup de questions sur ma vie ici. Oui encore une fois, cette fois-ci dû à une certaine réponse d’un certain professeur…..

Il est actuellement deux heures vingt, et la soirée fut quelque peu alcoolisée, alors je vous prie d’excuser les incohérences qui pourraient surgir ici et là ^^

Ce midi, j’ai déjeuné avec Guksun, une de mes amies coréennes que j’ai rencontrée lors de mon stage à Soom-Do, l’année dernière. Elle vient de reprendre ses études à Yonsei et me faisait part de la difficulté de ses cours.

Nous sommes ensuite allées prendre un café dans un de mes cafés préférés de Sinchon, « Thinking inside the box ». Je me suis d’ailleurs rendue compte que c’était la même enseigne que le bar dans lequel nous sommes allés il y a deux semaines, avec des amis français (les serveurs étaient très mignons ^^).

J’ai ensuite regagné Hongdae et trouvé un cadeau pour un ami coréen qui fêtait son anniversaire aujourd’hui. Nous nous sommes retrouvés dans un restaurant chic d’Hongdae, cinq coréens et une française ^^ Etant donné que cet ami est spécialisé dans le vin, ainsi que ses amis (qui ont tous rapporté une bouteille pour l’évènement), le repas fut non seulement délicieux (la viande fondait dans la bouche) mais les vins furent également divins.

Nous avons ensuite enchainé avec un chiken and beer (poulet et bière) typiquement coréen.

Cette journée m’a fait me rappeler que j’aime ce pays, que j’ai des amis qui pensent à moi (loin de moi l’idée de penser que je n’en ai pas en France, une amie de la Comté me manque énormément, ainsi qu’une certaine angevine ^^), c’est juste qu’en ce moment je me demande si ma place est en Corée.

Si l’envie de vivre dans ce pays n’éclipse pas des réalités plus pragmatiques que je ne veux pas voir. Je ne l’ai encore dit à personne de mon entourage (Guksun fut la première à le savoir aujourd’hui) mais j’ai écrit à un professeur de la Korea University, concernant mon master. Il n’a pas daigné répondre.

J’ai ensuite écrit à mon professeur de Propriété Intellectuelle de l’année dernière: sa réponse fut négative. Tant que je ne maitriserais pas suffisamment la langue coréenne pour suivre des cours de droit en coréen, pas la peine d’espérer entrer à l’université…..

Ce n’est pas comme si la nouvelle était nouvelle, justement. Je sais très bien que maintenant, ce qui me bloque, c’est la langue. Et je sais très bien aussi que ce n’est pas en trois mois que je vais devenir bilingue. Alors oui, en travaillant beaucoup je peux m’améliorer. Mais il faut aussi être réaliste. Déjà en français, le Droit n’est pas évident, alors dans une langue étrangère, qui plus est qui n’a rien à voir avec ma langue maternelle……

Ici, on parle de comprendre des textes de lois, de pouvoir exprimer des idées politiques, des concepts, alors que je n’arrive pas à suivre une conversation entre des amis lors d’une soirée…….

Le choix raisonnable serait donc de rentrer en France pour terminer mon Master, puis de retourner en Corée. Pas si compliqué ni difficile, vont se dire certains.

Pour moi, il y a deux problèmes. Premièrement, je n’ai tout simplement pas envie de quitter ce pays. Tout simplement parce que même complètement perdue dans mes projets d’avenir, je me sens à ma place ici. Ce pays, je l’aime avec ses défauts. Je l’aime même si j’ai envie d’éliminer les ajummas qui me pousse dans le métro; même si je ne supporte pas les personnes qui crachent dans la rue; même si je ne m’habitue pas à ce que les coréens ne fassent pas attention quand ils marchent dans la rue…..

Parce que j’aime quand une ajumma me fait la conversation dans le métro; quand je me ballade au milieu de maisons traditionnelles; quand je profite du calme d’Hongdae l’après-midi; quand je regarde le ciel; quand je voyage au milieu des montagnes et des nuages; j’aime le sentiment de calme et de sérénité que je ressens quand je marche dans les rues.

Je n’arrive toujours pas à mettre des mots sur ce que je ressens ici, mais je dirais que j’ai l’impression de vivre dans un film de Myazaki. De vivre dans un monde imaginaire, à la fois merveilleux et inquiétant, mais où l’on pressent à l’avance que la fin sera joyeuse.

Deuxièmement, et c’est là que les choses se compliquent encore plus, je ne suis pas sûre de vouloir faire un Master en Droit. Les gens qui me connaissent bien savent que je ne suis pas du genre à raconter ma vie, ou à parler de mes problèmes. Plusieurs fois, j’ai voulu utiliser ce blog pour m’épancher un peu, mais le fait de savoir que mes proches le lise m’a retenue. Quelque part, je trouve cela plutôt triste. Normalement, c’est justement aux gens qui sont proches de nous que l’on peut tout dire. Pour moi, c’est plutôt l’inverse. Plutôt, il n’y a personne à qui je peux vraiment me confier. Pas que je manque de personnes de confiance, mais c’est moi qui ait des difficultés à accorder ma confiance. Je crois que j’ai trop vu de gens autour de moi être déçus par les autres, que c’est ma façon de me protéger.

Quoi qu’il en soit, il est vrai que depuis longtemps j’ai voulut faire du Droit. Une fois m’être rendue compte qu’ être chasseuse de trésor comme Lara Croft n’était pas une carrière réalisable. Encore que….

Au départ, je voulais être juge, ou défendre les opprimés. Ah, la naïveté de la jeunesse. Quand on apprend que l’on ne choisit pas forcément ses clients, et qu’il faut aussi défendre les coupables, le sens de la Justice en prend un coup. Oui, tout homme à droit à une défense, non, ce ne sera pas moi qui défendrait un homme coupable.

Depuis toujours, j’aime la lecture. Celle qui vous emmène loin, qui fait travailler ce que l’Homme à de plus précieux et qui ne connaît aucune frontière: l’imagination.

Beaucoup de choses sont impossibles dans la vie, rien n’est impossible pour l’imagination. Depuis toujours, j’aime me perdre et me réfugier dans cet endroit que moi seule peut atteindre. Comme souvent, c’est à double tranchant. A trop se réfugier dans un monde imaginaire, ou peut facilement s’y perdre. Mais si on sait doser juste, quand on en ressort, on à retrouvé son vrai « moi ».

Il faut savoir suivre le lapin blanc, de temps en temps…..Et comme l’a écrit Baudelaire: « Comme l’imagination a créé le monde, elle le gouverne. »

J’ai toujours été fascinée par le pouvoir des mots. Chacun aime une littérature différente, mais ce qui nous réunit est ce désir d’ailleurs, qui paradoxalement nous rapproche de nous même.

Personnellement, j’aime les livres qui défient l’imagination, qui repousse toujours plus loin ce que l’on croyait acquis, qui explorent les côtés sombres de l’humanité. Ce qui pousse un être humain à franchir la ligne entre ce qui est toléré et ce qui relève du crime ou de la folie. Je pense que c’est la complexité de l’être humain qui m’attire. Son pessimisme aussi, son romantisme surtout.

Des fois, j’aimerais être né au 18è ou 19è siécle. J’aurais aimé rencontré Baudelaire, Rimbaud, Verlaine et Schopenhauer, aussi. J’aurais aimé discuté philosophie, art……

Je trouve dommage que la jeunesse actuelle délaisse sa langue, ses racines. Aujourd’hui, je peux regarder les anciens albums de cartes postales de mes grands-parents et lire les lettres que mon grand-père adressait à ma grand-mère durant ses voyage, durant la guerre. Il y a des émotions liées à ces lettres, de l’attente, de la joie, de la tristesse.

Que restera-t-il à mes petits enfants, quand nous vidons nos boites mails tous les mois? Des statuts facebook?

Le fait que je ne supporte pas l’idée de la mort n’arrange pas les choses. Pour moi, après la mort il n’y a rien. Le vide. Imaginer qu’un jour je ne puisse plus penser, je ne puisse plus me réfugier dans mon imagination, que mon esprit ne sera plus….c’est la pire chose qui puisse arriver. C’est pourquoi j’y pense le moins souvent possible. C’est pourquoi je cherche un moyen de laisser une trace dans ce monde.

Et pour moi, l’Art joue un rôle crucial. Une toile, une musique, une sculpture, un film……c’est une partie d’un être humain. Une partie de quelqu’un qui résonne en vous, qui vous fait ressentir à nouveau une émotion, ou qui vous en fait découvrir. L’Art est une transcription de l’imagination, du ressenti de quelqu’un. Il lie deux personnes qui ne se connaissent pas, qui n’ont peut-être rien en commun au premier abord.

L’Esprit perdure à travers l’Art.

Quand vous êtes devant une toile ou quand vous regardez un film ou quand vous écoutez une musique qui vous parle….. ce sentiment d’être compris ou de comprendre, c’est la plus belle chose que l’on peut ressentir.

Quand le simple fait d’écouter les premières notes d’une musique vous émeut jusqu’aux larmes, à ce moment précis, la vie vaut la peine d’être vécue.

Et cela vous construit, vous accompagne, vous fait grandir.

Avant d’entrer en fac de Droit, j’avais hésité avec une école de design ou de dessin. Mais école privée contre fac publique, avenir « sécurisé » contre incertain….Le choix fût vite fait.

Après des débuts difficiles, je pensais avoir trouvé ma voir avec la Propriété Intellectuelle. Cela me permettait de concilier Droit et Art. Mais quand on y regarde de plus près, cela reste de la paperasse, du travail de bureau, carré. Je pense que j’ai voulut voir en ce domaine la réponse au dilemme au quel je faisait face (que fais-je en fac de Droit?) et que je n’ai pas voulut voir ce qu’il en était vraiment.

Souvent j’ai pensé à changer de filière, à faire quelque chose qui me correspondrait plus. Mais à chaque fois, je pense aussi aux gens qui m’entourent et qui m’encouragent, qui croient en moi. Je n’ai pas envie de les décevoir et je sais aussi qu’ils veulent simplement le meilleur pour moi. Un emploi stable, bien rémunéré.

Encore aujourd’hui, alors que je doute, je pense à ce que vont dire mes parents si j’émets des doutes sur mes plans d’avenir, à un des avocats avec qui je suis restée en contact et qui est fier que je tente de rentrer à KU pour mon Master. A ma famille et amis.

Je me dis que pour eux, je ne dois pas renoncer. Oui, mais moi, qu’est-ce que j’en dit?

Je me dis souvent que j’aurais dû changer plus tôt, que maintenant c’est trop tard. Je me dis que moi aussi je veux un emploi stable et bien rémunéré.

Je me dis aussi et surtout, que je ne veux pas arriver à la fin de ma vie, que je redoute tant, pour me dire que je suis passée à côté de ce que je voulais vraiment faire. Que tant pis si je prends des risques qui ne paieront pas, que je veux tenter de faire ce que j’aime.

J’ai recommencé la photo, j’aimerais recommencer à écrire. J’aimerais faire un Master en Coopération Internationale et trouver un travail plus en relation avec l’art. J’ai rencontré une dame qui travail pour la division Media de C&J (un grand groupe coréen) et j’aimerais faire un stage chez eux, qui pourrait déboucher sur un emploi.

Cela peut sembler utopiste, mais je pense sincèrement que c’est le plan le plus réaliste. Faire un Master en anglais, acquérir de l’expérience grâce à des stages pratiques et trouver un emploi stable. Les gens qui me connaisse savent que j’aime avoir un train de vie confortable, mais ils savent aussi que j’ai besoin d’évoluer dans un environnement au sein duquel je peux m’épanouir.

Et si on réfléchit un instant, on voit tout de suite que le Droit, sa rigueur, sa logique, ne s’accordent pas vraiment avec mon esprit rêveur, mon éternelle remise en question, ma curiosité, mon imagination, mon amour pour l’Art sous toutes ces formes.

Au moment ou, j’écrit ses lignes, je ne suis plus vraiment perdue. Après quelques jours de doutes, durant lesquels la citation de Schopenhauer: « Le Destin mêle les cartes, et nous jouons », m’a semblé prendre une fois encore tout son sens, j’ai maintenant une idée de comment mener ma barque.

J’espère seulement trouver support du côté du quel j’en ai le plus besoin: ma famille. Je sais qu’ils seront toujours derrière moi, mais leur avis comptant tellement pour moi, j’ai aussi peur d’entendre leur avis.

En tous les cas, ces lignes sont désormais couchées et seront lues.

Au final, je pense que l’on est tous à la recherche de la même chose: donner à notre vie un sens, même s’il semble sens dessus dessous à certains.

xoxo

J.

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