Film Review: Moby Dick (모비딕)

Le Cinéma et la Littérature on ceci de semblable: ils racontent une histoire. L’écrivain doit captiver par sa façon de raconter cette histoire, le lecteur faisant travailler son imagination pour apposer des images au récit, créant son propre film.

Le réalisateur, quant à lui, délivre au spectateur non seulement une histoire, mais également sa vision imagée de celle-ci. Il en résulte qu’il est, selon moi, plus difficile de satisfaire son audience avec un film, qu’avec un livre.

Si l’histoire que vous êtes en train de lire est captivante et bien écrite, vous tenez un bon livre. Si vous retrouvez les mêmes ingrédients dans un film, il ne sera pas bon pour autant. Si la mise en scène, le jeu des acteurs, le choix des lieux, des lumières, de l’ambiance, ne trouve pas de résonance en vous, peu importe si l’histoire est bonne.

Le fait est qu’avec le film que vous créez mentalement en lisant un livre, vous ne pouvez pas être déçu, étant donné que vous êtes maître de ce que vous créez (ceci si le livre est bon au départ). C’est ce qui rend les adaptations de roman en film périlleuses, les lecteurs ayant déjà leur propre vision « cinématographique » du livre.

Bref, tout cela pour vous dire que j’aime à la fois la littérature et le cinéma, asiatique en particulier pour ce dernier. Il s’avère que le cinéma Sud Coréen correspond au genre de film que j’aime: plutôt noir, voir malsain, essayant de voir comment ou à cause de quoi un être humain bascule du côté inhumain.

Il ne faut cependant pas tout voir en noir ^^Le cinéma coréen propose aussi son lot de comédies et de romance. Ce n’est juste pas ce que recherche quand je regarde un film.

Avant que ce post ne se transforme en tout sauf en ce qu’il doit être, revenons au sujet principal: cette review de Moby Dick, premier film de Park In-Jae.

Le parallèle entre le cinéma et la littérature n’a rien à voir avec le film, puisqu’il ne s’agit aucunement d’une adaptation du roman de Melville.

Le film prend place au début des années 90, suivant le journaliste Lee Bang-Woo (joué par Hwang Jeong-Min, déjà vu dans « The Unjust », « Private Eye » et « A Bittersweet Life », entre autres) dans sa recherche d’un scoop. Scoop qu’il pense tenir avec l’explosion qui détruit le pont de Baram, aux abords de Séoul. Si cette explosion est d’abord attribuée à des espions Nord Coréens, il va s’avérer que tout ceci tient plus du complot gouvernemental. En effet, une organisation secrète composée de personnages influents (Directeur de journal, Présidents de Cheabol….) s’amuse à un petit jeu que semblent aimer les gens puissant: diriger le monde comme bon leur semble (bon ici juste la Corée du Sud ^^).

Il faut savoir qu’en Corée, la corruption fait partie du paysage local, et il n’est pas rare de voir des articles révélant que tel politicien à accepter des pots de vin…..

Bref, notre ami journaliste décide donc d’éclaircir tout cela, avec l’aide de deux confrères: Son Jin-Ki (joué par Kim Sang-Ho, qui apparemment est abonné aux seconds rôles) et Sung Hyo-Gwan (jouée par Kim Min-Hee, d’habitude plus habituée aux comédies, apparemment); et d’une vieille connaissance, Yoon Hyeok, (joué par Jin Goo, déjà vu dans « Mother » et « A Bitterswwet Life », lui aussi) qui refait son apparition, porteur de preuves de la manigance.

Il faut reconnaître que le film est moyen, dans le sens de ni mauvais, ni excellent. L’histoire de journalistes qui deviennent en quelque sorte des inspecteurs; de pouvoir secret tirant les ficelles dans l’ombre….est somme toute classique (moins pour un film Sud-Coréen, il faut le reconnaître) et son traitement aussi. En fait, et c’est là le paradoxe, rien n’est mauvais, mais le résultat est juste ok. Les personnages sont bien joués, mais sont classiques; les situations sont cohérentes mais c’est du déjà-vu.

Et puis de temps en temps il y a un peu trop de mélo, ou de bons sentiments. Quelques scènes font sourire, quelques personnages secondaires m’ont bien plus. Je cherche encore pourquoi ils ont décidé de travailler sur cette affaire dans une salle de Karaoké…..^^

La fin n’est pas mauvaise non plus (la fin d’un film est très importante pour moi. Un film qui à été magnifiquement tourné mais avec une fin bancale perd tout attrait.), mais au final c’est du déjà-vu. Du déjà-vu qui se laisse regarder.

Et c’est là un point fort du film: sa photographie. Des les premiers plans, j’ai su que j’allais adorer les images. Et je n’ai pas été déçue. La couleur du film, la façon de filmer les scènes…il n’y a rien à redire. Juste apprécier. J’ai d’ailleurs beaucoup aimé certains lieux choisis pour le tournage. Un Séoul comme on ne le voit pas souvent, sombre, délaissé, rural (oui, Séoul et rural ne sont pas deux mots que l’on associerait en apparence, mais Séoul est loin de n’être composée que de buildings, de grands magasins, de clubs et de quartiers d’affaires). En fait, c’est un Séoul que l’on voit souvent dans les films, mais pas dans les publicités du Ministère du Tourisme ^^

La photo aurait pu être meilleure, mais vous avez un aperçu d’un mélange de couleurs parfait…

Il faut reconnaître que beaucoup de films Sud-Coréens sont dotés d’une photographie parfaite. Une autre raison pour moi d’aimer ce cinéma.

Au final, un film divertissant, mais qui n’apporte pas vraiment grand chose de nouveau, ni ne creuse vraiment cette histoire de « pouvoir de l’ombre ».

xoxo.

J.

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