Film Review: Bleak Night (파수꾼)

Il faut absolument que je vous parle du film que je viens de voir: Bleak Night. Au départ, ce film est le projet de fin d’études de Yoon Sung-Hyun, pour la « Korean Academy of Film Arts ».

Ce film fait preuve d’une telle maturité qu’il est impressionnant de savoir que c’est le premier de ce réalisateur. L’histoire est somme toute assez simple: un père célibataire (joué par Jo Sung-Ha, « Paradise Ranch », « Sungkyunkwan Scandal »….) qui était largement absent de la vie de son fils, Ki-Tae, cherche des réponses au suicide de ce dernier.

Pour cela, il va rencontrer les deux meilleurs amis de Ki-Tae, Dong-Yoon (Seo Jun-Young) et Hee-Joon (Park Jung-Min), le film oscillant entre moments présents et réminiscences du passé, nous faisant découvrir les personnalités de ces trois amis et la véritable nature de leurs relations. Pourquoi Hee-Joon à changé de lycée, pourquoi Dong-Yoon n’est pas venu aux funérailles? Si de prime abord, Ki-Tae semble avoir un certain ascendant sur les deux autres, il s’avère que tout est beaucoup plus complexe. Le réalisateur à parfaitement sût retranscrire les insécurités que l’ont peut ressentir à l’époque du lycée et la dégradation d’une amitié, qui fait souvent plus mal qu’un chagrin d’amour.

Je dois avouer que j’ai plusieurs fois sérieusement pensé à arrêter de regarder le film, en raison de longueurs plutôt récurrentes. J’ai du mal avec les films se déroulant lentement, et celui-ci bat des records. En fait, c’est le genre de film que normalement je n’aurais pas regardé. Grave erreur que j’ai heureusement évitée!

Mais alors, pourquoi avoir continué à le regarder, ce film? Déjà, parce que même si l’histoire est assez simple, sa construction, ou plutôt déconstruction (les souvenirs des deux amis de Ki-Tae sont loin d’apparaître de façon linéaire) apporte autant de questions que de réponses, et que l’on veut comprendre ce qu’il s’est passé entre ces trois jeunes lycéens.

Et ce n’est pas chose facile que de garder un spectateur en haleine pendant plus de 2 heures, alors que dès le début on sait comment tout se termine. Mais comme je vous l’ai dit, l’intérêt réside dans l’évolution des personnages et de leurs relations. Et tout se révèle beaucoup plus sombre et complexe que ce à quoi on peut s’attendre au début du film.

Ce que j’ai également beaucoup apprécié, c’est que l’on à pas l’impression de regarder un film, ou que l’histoire soit destinée a un spectateur: les souvenirs ne sont pas dans un ordre chronologique; ils ne répondent pas à nos questions lorsqu’on le souhaiterais, ou ne répondent pas à nos questions tout court… C’est bien à travers les souvenirs que le réalisateur laisse entrevoir au spectateur ce qu’il s’est passé entre les trois protagonistes, mais j’ai plus l’impression, en regardant le film, que les souvenirs sont là pour les personnages eux-mêmes.

Et c’est brillant. La mise en scène et la technique du réalisateur (je répète que c’est son premier film) font également que je n’ai pas pu décrocher si facilement. Ce film est beau, dans tous les sens du terme.

Mais ce qui m’a vraiment tenue devant mon écran, c’est la performance de Lee Je-Hoon, l’acteur qui joue le personnage de Ki-Tae. Ce personnage est complexe, mais si humain au final. Encore une fois, je ne peux pas trop en dire sans vous gâcher le film…Mais Lee Je-Hoon est impressionnant dans son interprétation de Ki-Tae, très juste.

Le paradoxe de ce film, c’est qu’il se déroule donc de façon plutôt lente, sans vraiment de scènes d’action, mais qu’à l’inverse, émotionnellement, il fait preuve d’une grande violence. En fait, il fait naître beaucoup d’émotions, parfois contradictoires.

Je sens que je vais avoir un peu de mal à me remettre de ce film, tellement cet acteur m’a marquée. Mais je ne m’en plaindrais pas, c’est le signe d’un très bon film, et c’est ce que l’on recherche tous.

Le seul problème, c’est que j’ai peur d’être déçue de le voir dans un autre rôle, tellement j’associe l’acteur au personnage.

L’avenir nous le dira ^^

En tous les cas, c’est un film à ne surtout pas manquer.

xoxo.

J.

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